Philou blog-trotter

mardi 27 septembre 2005

Train 064 pour Taiga puis 7014 pour Tomsk

Il faut environ 29 heures de train pour relier Yekaterinbourg a Tomsk, avec une halte de 3 heures dans la ville au nom enchanteur de "Taiga". Forcement, ici les villes ont peu de chance de s'appeler Sanary-sur-Mer ou Bourg-en-Oisans.

Un passage par un supermarche est imperatif avant de me diriger vers la gare. Je remplis mon baluchon pour essayer de pouvoir concurrencer les russes dans le train au niveau culinaire: du the, du fromage, des fruits, du pain, des yaourts,du poisson, de quoi boire pendant une journee (j'en vois deja qui font de gros yeux, que de l'eau gazeuse, rassurez-vous), du chocolat au lait et des gateaux pour le petit dejeuner, etc. C'est peine perdue, mes voisins en ont encore pour tout le wagon! L'un d'eux est a bord depuis Minsk et va jusqu'a Irkutsk, mes 29 petites heures font donc pale figure a cote. Etant originaire du Turkmenistan, il en profite pour me vanter les qualites du plof (riz pilaf avec de la viande) et du shashlik (brochettes de viande qu'on trouve un peu partout en Russie, vendue dans des petit kiosks dans la rue). Il va falloir que je goute a tout ca pour completer ma cultutre gastronomique.

Chaque wagon d'un train russe dispose d'une provodnitsa (c'est generalement une femme) qui serait un peu l'equivalent du steward dans les avions. Certaines ont un sens du service tres developpe, d'autres tiennent plutot de la blonde dominatrice en uniforme, a la mode stalinienne. Avec elles ont est sur que l'ordre va regner, et gare a celui qui voudrait descendre sur le quai un peu plus longtemps que prevu lors des arrets.
Leur role commence par verifier votre billet de train avant de monter dans le wagon, puis une fois la gare quittee de passer dans les rangs pour proposer le paquetage de nuit comprenant des draps et une serviette. Pour environ 1 euro on dispose ainsi d'un bon lit, avec un oreiller de qualite (en vrai duvet, s'il vous plait). Il ne reste plus qu'a derouler le matelas lorsqu'on veut se coucher, et se servir en couvertures si on est frileux (mais la temperature est tele dans le train que ceci est generalement superflux).
Pendant toute la duree du voyage, la provodnitsa vend egalement des boissons et des petites choses a grignoter, du the, du cafe, met a disposition des tasses pour pouvoir se servir du samovar (les russes voyagent pour la plupart avec leur propre tasse ou mug, quand ce n'est pas avec leur biere). Certaines tasses vantent encore les jeux olympiques de Moscou ou les gloires de la conquete spaciale, faucille et marteau inclus.
La provodnitsa s'occupe aussi bien entendu du chauffage. Meme si la ligne du trans siberien est electrifiee de Moscou a Vladivostok, le chauffage dans les wagons se fait toujours au charbon de bois. Ce qui sert aux voyageurs de samovar pour chauffer l'eau de leur the est en fait une chaudiere a charbon utilisee principalement pour maintenir leur wagon a une temperature quasi tropicale. Pour ceux qui seraient interesses, je tiens a leur disposition une photo du schema hydraulique complet de l'installation (derobe par mes services lors d'un moment d'inatention du KGB), complet de toutes ses valves et robinets.

Les trajets en Russie sont longs, tres longs. Aussi, pour agrementer le voyage, le train est equipe d'une cabine radio. Vu le materiel dont dispose le responsable, il peut a mon avis sans difficulte appeler Moscou en cas de probleme, voire meme la station Mir pour d'eventuels secours. En situation normale, il l'utilise plutot pour difuser de la musique dans tout le train. Chaque compartiment a ensuite un bouton pour allumer ou eteindre son haut parleur. Le programme est tres varie: cela va des radios locales captees lorsqu'on ne se trouve pas au milieu de la taiga, aux cassettes de musique russe, en passant par Joe Dassin (tres connu en Russie!) et les Bee Gees.

Le paysage quant a lui defile imperturbablement, quasiment identique sur les miliers de kilometres. Les petites collines succedent aux etendues plates. La foret n'est jamais tres loin, tantot des pins et un peu plus loin des bouleaux ayant pris leur couleur doree automnale. Le plus souvent, le train s'enfonce dans une epaisse taiga, dont on a l'impression que personne n'a du fouler le sol a plus de 100m des rails. Parfois, un village ou une petite ville etale ses maisons en bois de part et d'autre de notre route.

Pendant ce temps, a l'interieur du train, on dort, on mange, on joue aux cartes, on discute avec ces voisins. On prend son temps, on en a de toute facon beaucoup.

4 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Cher Philou, je suis tes demarches avec grand interet! mais je vois que ton francais en souffre! de l'ordre, de la discipline donc! N'as tu pas un bon Balzac avec toi?
Bonne chance et fais gaffe a l'hiver qui approche,

Pedro

19:15  
Anonymous Anonyme a dit...

et shana tova, ou que tu sois.
(hugoliens, ces vers!)

23:50  
Anonymous Anonyme a dit...

tres intiresno, merci

02:21  
Anonymous Anonyme a dit...

Your blog keeps getting better and better! Your older articles are not as good as newer ones you have a lot more creativity and originality now keep it up!

11:52  

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